L’émonctoire rein, comment en prendre soin ?

Comme la peau, les poumons ou le foie associé aux intestins, les reins constituent l’un de nos principaux émonctoires.

Pour rappel (voir article précédent) et très schématiquement, les émonctoires sont les organes ayant une fonction d’élimination des déchets cellulaires issus du fonctionnement normal de la cellule et des toxiques environnementaux accumulés par l’organisme.

Le rein, un organe clé

Les rôles du rein sont multiples et majeurs :

  • Maintien de la balance hydro-électrique, autrement dit de la composition en eau et en minéraux des liquides de l’organisme (en particulier le sang et le liquide intracellulaire) ;
  • Régulation de l’équilibre acide-base, en partenariat avec les poumons ;
  • Excrétions des déchets azotés que sont l’urée et l’acide urique (issus de la dégradation des protéines endogènes et alimentaires par le foie), et la créatinine (provenant du fonctionnement des muscles) ;
  • Excrétion des métabolites toxiques des médicaments et des hormones, auparavant inactivés par le foie ;
  • Rôle dans la fabrication des cellules sanguines, via la sécrétion d’une hormone : l’EPO qui stimule la moelle osseuse rouge ;
  • Régulation de la pression artérielle via la sécrétion d’une autre hormone : la rénine ;
  • Et enfin production d’une forme active de vitamine D.

Ces quatre premières fonctions sont liées à la formation de l’urine, le produit final éliminé par les reins qui occupent ainsi un rôle clé dans la régulation de l’homéostasie, c’est-à-dire de l’équilibre de notre milieu intérieur.

Pour ce faire, les reins filtrent le sang, retiennent les déchets à éliminer, les minéraux en excès, ainsi que la charge acide du corps, lui permettant de se désacidifier. Les urines sont donc normalement acides !

La quantité d’eau éliminée, et donc au final, le volume des urines, dépend de l’état d’hydratation (ou de déshydratation) de l’organisme. En moyenne, un adulte évacue entre 1,2 et 1,5 L d’urine par jour.

Malheureusement, le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la faculté de concentration des urines par le rein. Vers l’âge de 70 ans, la capacité de filtration du sang par les reins est diminuée de 50%, d’où la formation d’une urine plus diluée, et donc des besoins d’uriner la nuit plus nombreux. En dehors des troubles du sommeil qui en découlent, cette moindre concentration urinaire a un retentissement sur l’hydratation et le maintien de l’homéostasie.

Il est donc primordial de prendre soin de ses reins !

Une hygiène au quotidien

Des conseils simples, à appliquer au quotidien, permettent de prévenir les principales pathologies rénales, en particulier les calculs urinaires (ou lithiases, constitués de cristaux agrégés dans les reins ou dans la vessie) et les infections urinaires (la cystite en est la forme la plus fréquente) :

  • Boire suffisamment pour éviter la concentration des urines et éliminer les cristaux avant qu’ils ne deviennent volumineux. Idéalement, les urines doivent être pâles en fin de journée.
  • Eviter les eaux minérales trop riches en sels minéraux (en particulier en calcium comme Contrex, Hépar ou Vittel). Au quotidien, il est plus intéressant de consommer une eau peu minéralisée (vérifier sur l’étiquette : résidus à sec à 180°C < 180 mg/L). Les eaux riches en minéraux sont davantage indiquées en cures de 3 semaines à 1 mois, selon les besoins.
  • Réduire sa consommation de protéines (viandes et produits laitiers) et de sel, surtout en cas de tendance à souffrir de calculs oxalocalciques.
  • Enrichir sa consommation de fruits et légumes de toutes sortes, en particulier ceux riches en potassium (banane, haricots…)
  • Attention à certains aliments : abats, fruits de mer, asperges, rhubarbe, cresson, oseille, épinards, fenouil, fruits secs, persil ou moutarde en grande quantité, café soluble, chocolat, thé longuement infusé et vin blanc, qui favorisent l’apparition des calculs urinaires.
  • Ne pas retenir un besoin d’uriner, au risque de favoriser la prolifération des micro-organismes.
  • Porter des sous-vêtements en coton.
  • Pour les femmes, adopter une hygiène corporelle adéquate, sans abuser des produits de toilette intime qui irritent et facilitent la prolifération des micro-organismes en déstabilisant la flore vaginale naturelle. Aux toilettes, s’essuyer d’avant en arrière. Et penser à uriner après les rapports sexuels, là encore afin d’éliminer en partie les micro-organismes.

Des cures saisonnières

La fatigue, les lourdeurs digestives et ballonnements, les rhumes à répétition…  sont autant de signe qu’il est temps d’entreprendre un « grand nettoyage » de printemps. Après s’être occupé du foie et des intestins, l’utilisation de certaines plantes qui augmentent la production d’urine et favorisent le drainage des voies urinaires peuvent être utiles en traitement complémentaire ou en prévention.

Attention toutefois, il existe des contre-indications à l’utilisation des plantes diurétiques, en particulier en cas d’insuffisance rénale ou lors des crises de calculs rénaux. En cas de doute, consultez un thérapeute averti.

Les plantes aux propriétés diurétiques augmentent le volume des urines et permettent ainsi de prévenir la formation de calculs ou d’éliminer les bactéries responsables des infections. Ce sont par exemple le bouleau (sève), la busserole, le pissenlit, le genévrier, l’orthosiphon, la piloselle…

Il pourra être intéressant d’y associer des plantes aux propriétés anti-infectieuses, telles que la canneberge, qui diminue la fixation de certaines bactéries sur les parois des voies urinaires, ou l’échinacée immunostimulante.

Et n’oubliez pas, de l’état de nos émonctoires dépend le nôtre !

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