Le stress nous rend-il malade ?

Il est courant d’entendre que le stress, le fait de positiver ou de se morfondre, la relaxation, etc., sont autant d’états qui influent sur l’immunité. Et effectivement, empiriquement, on en a tous fait l’expérience : un hiver qui s’éternise, la dépression saisonnière qui pointe et on « attrape » tout ce qui passe…

Mais concrètement, dans l’organisme, comment ça fonctionne ? Quel est le lien entre l’humeur et l’immunité ?

Une science moderne et foisonnante

C’est justement tout le champ d’étude d’une science relativement récente, la psycho-neuro-immunologie (PNI). La PNI étudie comment l’esprit, le système nerveux et le système immunitaire communiquent et interagissent dans l’organisme, et les conséquences de ces interactions ou du dérèglement de ces interactions sur la manifestation et le déroulé des maladies.

Ce néologisme des années 80 renvoie donc à une science relativement récente et prolifique, où il s’agit de comprendre les liens anatomiques et physiologiques qui existent entre les émotions, un certain état d’être donc, et les deux grands systèmes que sont les systèmes nerveux (SN) et immunitaire (SI). Notons également que ces relations se font à double sens : le comportement et l’émotion influencent le fonctionnement immunitaire et l’immunité affecte la réponse nerveuse et psychosociale.

La communication entre immunité et système nerveux

Concrètement, 2 voies majeures de communication existent entre le SN et le SI :

  • La réponse neuroendocrine fait intervenir le système hormonal. Elle est basée sur l’activation de plusieurs glandes dont les surrénales (avec libération de cortisol), les gonades, la thyroïde… Ces glandes étant elles-mêmes activées par le cerveau. L’ensemble des hormones libérées par ces glandes sont en effet capables d’influer sur le fonctionnement des cellules immunitaires.
  • La 2de voie de communication correspond aux voies neuronales. Les fibres nerveuses en provenance du cerveau aboutissent dans des zones spécifiques des organes lymphoïdes (thymus, moelle osseuse, rate, ganglions lymphoïdes, qui tous interviennent dans l’immunité) et forment des jonctions physiques avec certaines cellules immunitaires : les lymphocytes et les macrophages.

Les « véhicules » empruntant ces autoroutes sont des hormones (dont l’hormone de croissance, le cortisol, l’insuline…), des cytokines (petites hormones protéiques qui stimulent ou inhibent de nombreuses fonctions cellulaires normales, et qui sont sécrétées par un large panel de cellules) et des neurotransmetteurs (molécules libérées par les cellules nerveuses telles que l’adrénaline ou la dopamine qui régulent également le fonctionnement immunitaire). Les cytokines sont des cofacteurs communs endogènes du cerveau et du système immunitaire. Ces molécules partagées constituent ainsi un langage chimique commun de communication. Toutes ces molécules sont sous l’influence les unes des autres : tout est lié et interdépendant dans l’organisme.

Sans entrer dans le détail complexe de la physiologie humaine, cette « voie à double sens » entre SN et SI résulte donc d’un équilibre critique entre des hormones et des cytokines pro-inflammatoires, impliquant des organes du SI (tel que le thymus) et du SN ainsi que des tissus « cibles » (tissu musculaire et adipeux). Or, cet équilibre est capable d’influencer la réponse immunitaire et donc l’évolution des infections et/ou la sévérité d’une pathologie.

Tout est lié…

L’individu n’est donc plus vu comme une collection de systèmes mais comme un « tout », sans division entre le corps et l’esprit. Ce réseau complexe de communication entre le cerveau et les systèmes neurologique et immunitaire implique que le fonctionnement immunitaire peut être modifié par des stimuli non immunitaires, tels que les vitamines et minéraux (nutrition et alimentation), l’activité physique, la relaxation… ceux-là même sur lesquels va jouer la naturopathie.

Sources :

  • Dhabhar F.S. 2014. Effects of stress on immune function: the good, the bad, and the beautiful. Immunology Research, 58:193-210.
  • Ader R. 2000. On the development of psychoneuroimmunology. J. Pharmacol., 405:167-176.

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