Le curcuma, l’or jaune pour la santé

Le curcuma, dont le rhizome séché et réduit en poudre est une épice très populaire, fait partie depuis longtemps de la pharmacopée indienne et asiatique. Son utilisation première comme conservateur naturel des denrées alimentaires illustre son pouvoir antibactérien. Mais ses propriétés remarquables pour la santé ne s’arrêtent pas là : les très nombreuses études in vitro et in vivo, tant chez l’animal que chez l’homme, démontrent ses innombrables vertus.

Un antioxydant et anti-inflammatoire puissant

Depuis plusieurs décennies maintenant, on a isolé dans les rhizomes du curcuma des polyphénols naturels appelés curcuminoïdes, dont le principal est la curcumine. Il s’agit d’un antioxydant très puissant qui présente d’importants effets anti-inflammatoires.

Or, il est scientifiquement évident aujourd’hui que l’oxydation et l’inflammation sont à l’origine de nombres de pathologies dites de civilisation, et il n’est pas nécessaire d’aller chercher plus loin l’explication des effets de cet or jaune sur la santé.

Tous les mécanismes d’action de la curcumine ne sont pas encore élucidés, mais il a été montré qu’elle inhibe l’action des radicaux libres dans l’organisme tout en activant des enzymes antioxydantes. Elle active également des enzymes de détoxification du foie et des reins, conférant ainsi une très bonne protection hépatique (dans la stéatose hépatique par exemple).

L’inhibition du stress oxydatif s’exerce également au niveau cérébral et dans tout le système nerveux (central et périphérique) faisant de la curcumine un neuroprotecteur reconnu, y compris dans les pathologies neurodégénératives (maladies d’Alzheimer et de Parkinson). Les études montrent qu’elle protège également les processus impliqués dans la mémoire.

L’activité anti-inflammatoire quant à elle, s’explique notamment par la modulation de l’expression de nombreuses molécules et enzymes inflammatoires. Il en résulte une protection intéressante contre la plupart des pathologies dans lesquelles l’inflammation joue un rôle important : asthme, arthrite rhumatoïde, maladies inflammatoires de l’intestin, pancréatite, ulcères gastriques… mais également dans toutes les pathologies respiratoires et notamment pulmonaires, telles que la fibrose, les bronchites, les allergies respiratoires…

De même, la curcumine montre des effets immunomodulateurs dans l’obésité et le diabète de type 2, en s’opposant à l’action des molécules pro-inflammatoires sécrétées directement par les adipocytes (les cellules graisseuses) qui favorisent la résistance à l’insuline et l’inflammation chronique. L’intérêt de la curcumine dans le syndrome métabolique ne s’arrête pas au seul effet hypoglycémiant, puisqu’elle améliore également le profil lipidique, en diminuant les taux de cholestérol, de triglycérides et de « mauvais » cholestérol et en augmentant le taux de « bon » cholestérol. Bref, la curcumine est ainsi un excellent cardioprotecteur.

Enfin, les études portant sur les effets anti-tumoraux sont légions et montrent son intérêt dans la prévention de la prolifération cellulaire dans de nombreux cancers (poumon, côlon, estomac, foie, peau, sein…). Elle augmenterait également les effets thérapeutiques de la radio- et de la chimiothérapie, tout en en diminuant les effets indésirables.

Mais une biodisponibilité faible

Malheureusement, pour bénéficier de ces nombreuses vertus, le saupoudrage régulier de cette poudre jaune sur les plats ne suffit pas. Les doses thérapeutiques, c’est-à-dire susceptibles d’avoir un effet sur la santé, correspondent au minimum à 200 à 400 mg de curcuminoïdes, 3 fois par jour, ce qui dépasse de beaucoup ce que peut fournir une consommation normale de curcuma, dans la mesure où les curcuminoïdes ne représentent environ que 5% de la masse totale de la racine. De plus, la biodisponibilité de la curcumine est mauvaise : elle est mal absorbée au niveau intestinal, puis sa transformation et son élimination dans l’organisme sont rapides.

Plusieurs « astuces » utilisées dans les bons compléments alimentaires de curcuma permettent d’augmenter cette biodisponibilité : association d’extrait standardisé de curcuminoïdes avec la pipérine et complexation avec des phospholipides. On prendra également soin de prendre ces compléments au cours d’un repas présentant des lipides, le gras augmentant également l’absorption de l’épice.

Ne vous privez donc pas de la saveur du curry, mais si vous voulez bénéficier des propriétés thérapeutiques de cette épice remarquable, le passage par les compléments alimentaires est ici indispensable.

Source :

Pulido-Moran et al. 2016. Curcumin and Health. Molecules, 21,264, 22pp.

PS : cet article fut publié la 1ère fois dans le magazine Naturelles n°06

2 commentaires


  1. Bonjour préférez l association curcumine naturelle avec piperine de poivre et ou avec gingembre . la complexation en phospholipides n’est pas souhaitable car c’est un process technologique qui a recours à des solvants et à des tensioactifs chimiques comme le polysorbate 80 qui contient 80 % de polyoxyethylene considèré comme perturbateur endocrinien .

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    1. Bonjour,
      Merci pour votre remarque.
      Effectivement, la complexation avec des phospholipides peut être artificielle et chimique, mais elle peut aussi consister en la production naturelle de micelles qui « emprisonne » la curcumine et en augmente l’absorption intestinale, et ce sans faire intervenir de solvants chimiques. En l’absence d’indications sur l’emballage du complément, il convient alors de poser la question au fabricant/revendeur.
      Pour avoir vérifié, je vous garantis qu’il existe des produits naturels ainsi complexés avec des phospholipides et qui sont exempts de polysorbate.

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