L’allaitement maternel à la source

Il suffit de jeter un œil sur les forums traitant de l’allaitement pour se rendre compte de la virulence du débat qui oppose les « pro » et les « anti ». Pourtant, la question n’est pas là ! Il ne s’agit pas d’être pour ou contre l’allaitement. C’est comme si l’on vous demandait si vous étiez pour ou contre le sport ! Et que l’on vous dit en passant qu’il faudrait faire attention à ne pas culpabiliser ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas en faire…

L’enjeu, le vrai, réside essentiellement dans la qualité des informations et de l’accompagnement que vous trouverez, et qui vous permettront de faire le bon choix, le vôtre pour vous et votre enfant. Un choix éclairé, individuel, qui ne doit pas faire oublier la tolérance à l’égard du choix de l’autre.

Revenons aux bases : l’allaitement maternel est naturel, c’est même la norme physiologique ! Les laits artificiels en sont une alternative, un plan B. Attention donc aux inversions de sens : ce n’est pas l’allaitement qui apporte des « plus » à l’enfant et à la mère, mais bien le lait maternisé qui ne l’égale pas…

Le lait humain est la seule nourriture parfaitement adaptée aux besoins du nourrisson en protéines, glucides, lipides, vitamines et minéraux. Il contient notamment 7 facteurs de croissance neurotrophiques pour le développement optimal de son système nerveux. Le lait mature apporte également 130 sortes d’oligosaccharides, du bifidus et plus de 700 espèces bactériennes qui contribuent à la formation de l’écosystème intestinal et du système immunitaire. Il renferme des anticorps, du lysozyme, des immunoglobulines et tous les éléments essentiels à la défense de l’organisme contre les agressions. Il est également riche de plus de 50 sucres différents dont les gynolactoses, qui participent à la construction du cerveau complexe humain.

Donner le sein profite aussi à la maman puisque l’allaitement aide l’utérus à se remettre en place après l’accouchement, protège du baby-blues, des cancers du sein (risque diminué au prorata de la durée d’allaitement), de l’ovaire et de l’utérus mais aussi diminue le risque d’hypertension et de maladies cardiaques.

Si elles le souhaitent, toutes les femmes peuvent allaiter, quelles que soient la taille et la forme des seins. Les contre-indications sont extrêmement rares (certaines pathologies graves avec traitements incompatibles pour la maman, maladies métaboliques pour l’enfant).

Réussir l’allaitement passe par une mise au sein précoce, le respect du rythme de l’enfant (à la demande), la motivation et le respect du repos de la maman, une position confortable, boire suffisamment d’eau.

Il est aussi possible de s’aider de tisanes dites d’allaitement qui renferment souvent du fenouil (pour son effet apaisant sur les intestins de bébé), du fenugrec, anis vert, houblon, galéga et /ou chardon béni (qui favorisent la lactation). En revanche, on évitera la sauge et la menthe poivrée qui réduisent la production de lait.

L’alimentation, nourrissante, vivante, et hypotoxique s’apparente aux recommandations faites lors de la grossesse. Idéalement, elle sera particulièrement riche en légumes de toutes les couleurs, en fruits, en petits poissons gras et en oléagineux, en protéines végétales et d’animaux marins. A défaut, un thérapeute correctement formé pourra vous conseiller certains compléments (notamment en vitamines et certains minéraux).

Je laisse la phrase de conclusion au Dr Grantly Dick-Read (1890-1959), le père du mouvement moderne de l’accouchement naturel : « Le nouveau-né n’a besoin que de trois choses : la chaleur des bras de sa mère, le lait de ses seins, et la sécurité de sa présence. L’allaitement les lui fournit toutes les trois. »

Sources :

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