La psycho-neuro-immunologie… quand les émotions et le stress modifient notre immunité et inversement !

PsychoneuroimmunologyJ’ai décidé aujourd’hui de vous parler de mon mémoire de fin d’études de formation de naturopathie. Scientifique de formation et plutôt cartésienne d’esprit, j’avais à cœur d’asseoir les bases scientifiques des 3 principales techniques naturopathiques (l’alimentation et la nutrition, l’hygiène psychologique et l’activité physique) quant à leur importance sur notre immunité.

J’ai donc réalisé une synthèse bibliographique portant sur une science relativement récente (mais qui a bien 30 ans maintenant quand même !), foisonnante et passionnante : la psycho-neuro-immunologie ou la relation entre nos émotions, notre cerveau et notre immunité.

Intuitivement et empiriquement, nous savons bien que lorsque nous sommes fatigués, ou déprimés, on « attrape tout ce qui traine »… De même, le caractère psychosomatique de nombreuses infections est bien connu. Mais sachez que l’inverse est également vrai : un déséquilibre dans le fonctionnement de notre organisme (une flore intestinale perturbée par exemple) a des répercussions documentées sur notre psychique, notre humeur et notre vision de la vie…

Comment est-ce possible ? Quels sont les liens physiologiques, dans l’organisme, entre le stress et l’immunité ? Entre notre microbiote et nos humeurs ? Entre notre cerveau et nos cellules immunitaires ?

Ces mécanismes une fois élucidés m’ont ensuite permis d’expliquer scientifiquement l’influence de l’alimentation, l’exercice physique et la psychologie sur le système immunitaire.

Voici donc le résumé de mon mémoire, que je mets à disposition de toute personne intéressée. J’espère que ce sujet vous passionnera comme il m’a passionné…

« Le rapport entre le corps et l’esprit est sujet à débat depuis toujours. Aussi, un bref historique de ce concept de l’époque Gréco-romaine à aujourd’hui permet de situer le développement de la psycho-neuro-immunologie, science récente qui a pour objet l’étude des interactions entre comportement, système immunitaire, système nerveux et système endocrinien. Ainsi, dès les années 2000, la connaissance de ces relations bidirectionnelles entre le système immunitaire et le cerveau assoit l’hypothèse selon laquelle, via les changements immunitaires, les facteurs psychosociaux, et notamment le stress, influencent la santé et la maladie.

Des rappels anatomophysiologiques sur les trois systèmes en jeu sont d’abord donnés brièvement, afin d’en présenter l’organisation générale et le fonctionnement global. Une partie reprend notamment le concept de « cerveau des émotions » dont l’identification traditionnelle au système limbique nécessite d’être aujourd’hui reprécisée.

Le second chapitre s’attache à synthétiser les connaissances scientifiques actuelles portant sur la compréhension des interactions complexes entre signaux inflammatoires et immunitaires et plusieurs axes hormonaux, afin de mieux définir cette voie à double sens. Il en émerge aujourd’hui le concept d’un équilibre critique entre des hormones (hormone de croissance, prolactine, glucocorticoïdes, catécholamines, insuline et leptine) et des cytokines pro-inflammatoires (principalement IL-1, IL-6 et TNF-α), impliquant des organes du système immunitaire (tel que le thymus), du système nerveux et du système endocrinien ainsi que des tissus cibles (tissu musculaire et adipeux notamment). Cet équilibre influence directement la réponse immunitaire et donc l’évolution potentielle des infections et/ou la sévérité d’une pathologie lors des états inflammatoires. Réciproquement, le système immunitaire agit comme un organe sensoriel, informant le système nerveux d’une attaque antigénique ; activation immunitaire pouvant par ailleurs être perçue par le cerveau comme un agent stressant, qui s’il dure dans le temps, peut aboutir à l’exacerbation de la maladie et au développement des symptômes de la dépression chez les individus vulnérables…

Ces mécanismes neuro-immuns, qui mettent en jeu un langage biochimique commun aux trois systèmes, sont ensuite brièvement présentées pour plusieurs maladies, notamment d’origine inflammatoire ou immunitaire ; puis lors d’un stress aigu ou chronique, dont les effets sur l’organisme divergent. La dernière partie de ce chapitre fait le point sur les effets placebo et nocebo, application directe de ces interactions complexes entre cerveau et immunité.

Le troisième et dernier chapitre de ce mémoire étudie, d’un point de vue scientifique, l’influence des trois techniques naturopathiques majeures de la naturopathie sur le système immunitaire. Ainsi, des nutriments aux régimes alimentaires, la composition de l’assiette et l’ambiance psychosociale qui l’environne jouent un rôle prépondérant sur la modulation du système immunitaire et l’évolution de nombre de pathologies. De même, l’activité physique, sa durée et son intensité, agissent significativement sur les divers composants de l’immunité innée et de l’immunité acquise, mais également sur celle des muqueuses ou sur l’état inflammatoire de l’organisme. Les études scientifiques s’attachent aujourd’hui à en préciser les effets sur divers groupes de patients et les modalités de leur application. Enfin, l’hygiène psycho-émotionnelle a des répercussions importantes sur l’ordonnance du système immunitaire. Les techniques méditatives d’inspiration orientale comme les techniques antistress occidentales se révèlent en effet des outils puissants pour gérer au mieux la réaction au stress et favoriser en profondeur un état de bonne santé. Mais ces pratiques nécessitent un entrainement et donc un engagement personnel indispensable à toute personne qui veut vivre une vie pleine de sens… et le bonheur authentique.

La naturopathie, médecine intégrée et intégrative, traditionnelle et future, apprend donc à développer pleinement ses capacités d’autoguérison, à prendre soin de soi. »

10 commentaires


  1. Bonjour,

    Merci pour cet article et votre proposition de mise à disposition de votre travail. Étant tout simplement très intéressé par cette thématique (c’est en visionnant dernièrement une vidéo de Henri Laborit que j’ai creusé un peu la thématique « neuro-immunologie » et je suis tombé sur votre site).
    Comment est-il possible de se procurer votre travail de mémoire ?
    D’avance merci
    Edouard

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    1. Bonjour,
      Désolée pour le temps de réponse ! Je vous envoie le lien pour récupérer mon mémoire par mail.
      C’est en effet un sujet passionnant où l’on n’a jamais fini d’apprendre…
      Bonne lecture,
      Marine

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  2. Bonjour Marine,
    Je suis kinésithérapeute et très sensibilisée par la prise en charge globale des patients ( physique, émotionnelle et nutritionnelle). Pour cette raison, je suis intéressée par la lecture de votre mémoire, pourriez vous m’envoyer le lien qui permet d’y accéder?
    Cordialement ,
    Christel Durix

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    1. Bonjour,
      Je suis ravie de voir que la personne, dans le milieu médical, est de plus en plus considérée comme un tout, et non plus seulement comme un corps, ou pire comme un organe pour certains spécialistes.
      Dans quelle région exercez-vous ?
      Etant donné les nombreuses demandes à ce sujet, j’ai ajouté le lien directement sur mon site internet.
      Vous pouvez donc récupérer mon mémoire en allant sur http://www.naturopathe-savoie.fr, rubrique « Qui suis-je ? ». Vous avez le lien dans le texte, lorsque je parle de mon mémoire.
      Faites moi savoir si vous n’y parvenez pas.
      Bonne lecture,
      Marine

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  3. Bonjour, travaillant en ostéopathie sur la notion de force de traction médullaire, je me suis aperçu que la tension physique de la moelle dans la colonne vertébrale pouvait influer sur l’immunité. http://revue.osteo4pattes.fr/spip.php?article912&lang=fr
    voici en lien le début d’un article sur le sujet. Si cela vous intéresse, je vous le ferai parvenir en entier ainsi que d’autres ecrits sur la FTM. J’aimerais bien aussi consulter votre travail. Me régalant à l’avance de cet échange. Belle journée.

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    1. Bonjour,
      Effectivement, les liens entre système nerveux et immunité (via en partie le système endocrinien) étant maintenant bien avérés, il me semble logique qu’une difficulté nerveuse d’ordre physique induise également une dysimmunité. Je n’ai abordé pratiquement que l’aspect biochimique (hormones, cytokines…) dans mon travail (que vous trouverez en lien sur mon site internet comme indiqué en réponse à un commentaire précédent : http://www.naturopathe-savoie.fr).
      J’ai été très intéressée par le début de l’article faisant le lien entre FTM et immunité chez les chevaux. Connaissez-vous éventuellement des articles relatant des cas plus ou moins similaires chez les humains (par exemple sciatalgie et immunité… ou autres problématiques physiques nerveuses) ?
      En tout cas, merci pour votre intérêt,
      Marine

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  4. Bonjour, je suis psychomotricienne et très intéressée par le lien autisme et causes environnementales (alimentation, pollution electro-magnétiques, chimiques, multi-écrans ect…). Je constate d’année en année la forte augmentation des TSA. Je suis étonnée de la présence quasi constante des troubles gastro-intestinaux de mes petits patients TSA et je suis consternée de voir que la chose n’intéresse ni les médecins traitant ni les pédo-psychiatre. J’ai un projet de blog/site/produit numérique à destination des parents d’enfants TSA. Seriez-vous intéressée pour y intervenir d’une façon ou d’une autre?.
    Anne

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    1. Bonjour,
      En effet, les liens entre troubles du système digestif et le comportement (et notamment les TSA mais pas que…) sont de plus en plus étudiés et de plus en plus avérés. Il ne s’agit pas d’en faire la seule et unique cause, mais clairement il s’agit d’un facteur important.
      A ce sujet, vous avez un article sur ce blog : http://www.naturopathe-savoie.fr/blog/microbiote-et-comportement-humain-un-lien/ qui fait le lien plus précisément entre le microbiote et le comportement.
      Je vous invite également à consulter le livre « l’intestin au secours du cerveau » du Dr David Perlmutter, dont un chapitre traite justement de l’autisme.
      Quant à votre projet de blog ou site pour les parents d’enfants TSA, j’y interviendrai avec plaisir.
      Merci pour votre intérêt et surtout de montrer que l’on peut s’intéresser au rôle de l’environnement au sens large (et en particulier l’alimentation) dans la santé…
      Marine

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  5. suite du commentaire précédent: auriez-vous les coordonnées de naturopathes qui prennent en charge ces problèmes pour que je leur adresse mes petits patients (région Paris)?.
    Merci.
    Anne.

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    1. Malheureusement, je ne connais pas de naturopathes sérieux en région parisienne spécialisés dans cette problématique. Peut-être pourriez-vous contacter Caroline Vigneron, naturopathe et elle-même autiste Asperger en Savoie. Elle tient également un blog où vous pourrez récupérer son mémoire traitant justement de ces problématiques : http://naturopathieetautisme.blogspot.fr/

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