La prévention de l’inflammation chronique

Quand les cytokines (protéines messagères) pro et anti-inflammatoires sont en équilibre, l’état de bien-être prévaut. Par contre, les problèmes surviennent lorsqu’elles sont déséquilibrés de manière chronique. Et fait intéressant, cet équilibre dépend fortement des niveaux d’insuline dans le corps, à son tour une conséquence de votre tour de taille.

Une concentration élevée d’insuline dans le sang, qu’elle soit amenée par une surconsommation chronique de sucre, l’amorce d’une résistance à l’insuline ou l’effet hormonal d’un excès de gras, prépare le terrain à l’inflammation systémique. Quand l’insuline monte, le stress augmente de façon marquée et la conversion de certains acides gras en acide gras pro-inflammatoire (comme l’acide arachidonique) est accentuée. Il en résulte la formation de PG-E2 et de leucotriène B-4 pro-inflammatoires (éicosanoïdes, acides gras oxygénés, cf. article précédent). L’insuline augmente aussi la production d’interleukine-6, une autre cytokine pro-inflammatoire qui augmente les taux sanguins de CRP. Bref, toute la cascade inflammatoire est activée…

L’alimentation occidentale, en plus d’être trop riche en sucres raffinés, est truffée de gras oméga-6 promoteurs de l’inflammation, mais chiche en oméga-3 réducteurs de l’inflammation. La conséquence est bien sûr l’augmentation de l’inflammation systémique. A mesure qu’augmente l’inflammation, augmente également le cortisol, hormone antistress qui tente d’atténuer la marée montante. Produit par les glandes surrénales, le cortisol est étroitement lié à la réponse du corps au stress.

Mais il y a un problème ! Pour réussir à amortir l’inflammation, le cortisol augmente la tension artérielle, accroit le sucre sanguin et inhibe le système immunitaire. Avec l’inflammation systémique vient l’élévation chronique du cortisol qui à son tour entraine un lourd fardeau physiologique pour tous les organes et accroit considérablement les risques de maladies dégénératives.

Ainsi, des taux élevés d’insuline ainsi que la consommation d’aliments à indice glycémique élevé déficients en gras oméga-3 stimulent les dommages collatéraux causés par l’inflammation chronique, constituant ici encor des preuves tangibles de l’implication directe de l’alimentation et de l’obésité dans le processus.

Par chance, on peut modifier l’équilibre en faveur de la production d’éicosanoïdes anti-inflammatoires par le corps en changeant volontairement son alimentation. Les conseils sont donc récurrents, mais il s’agit avant tout de privilégier les glucides ayant un indice glycémique faible à modéré (tous les légumes en priorité, les fruits, certaines céréales complètes), les « bons » gras (on évitera donc les aliments riches en oméga-6 à commencer par l’huile de tournesol, que l’on remplacera avantageusement par des huiles de colza, de lin ou de cameline, à garder au frais et à ne pas faire chauffer. Pour la cuisson, l’huile d’olive convient parfaitement). Pensez également aux œufs bio, aux petits poissons gras (sardines, maquereaux, anchois) qui viendront remplacer le plus souvent possible les viandes (rouges notamment) et autres charcuteries. Enfin, les oléagineux (amandes, noisettes, noix…) sont une excellente source de gras sains et constituent des encas de qualité en lieu et place des sempiternels biscuits ou gâteaux… De nouvelles habitudes à mettre en place donc, et à associer à un travail sur le respect des sensations de faim et de satiété…

L’inflammation systémique de faible intensité est une cause sous-jacente de la vaste majorité des maladies dégénératives. Le fait que ce type d’inflammation augmente avec l’âge et suite à de mauvais choix alimentaires et de style de vie, signifie que la plupart des occidentaux souffrent sans le savoir de cette affliction silencieuse, mais mortelle. Mais les choses ne doivent pas nécessairement rester ainsi. Les solutions à ce dilemme sont à portée de main. Tout ce qui est nécessaire est de comprendre ce que nous mettons dans notre corps et ce que nous faisons avec notre corps. Cela va amplement déterminer notre longévité et notre qualité de vie. Dit simplement, nous devons cesser de creuser notre tombe avec nos couteau et fourchette. Cela dépend de nos choix.

Coupez aujourd’hui dans notre alimentation ce qui attise l’inflammation va réduire demain les risques de décéder du cancer et de maladies cardiovasculaires : optez pour le saumon braisé plutôt que le burger sur barbecue, prenez des collations de fruits et d’amandes plutôt que de gober des frites ou des chips, sortez faire une courte marche plutôt que de zapper sur votre canapé, utilisez de l’huile d’olive et des gras sains plutôt que des gras saturés ou de mauvais gras, et prenez des suppléments nutritionnel de qualité plutôt que votre demi-douzaine de bières froides.

Chaque année, les impacts de l’inflammation silencieuse s’inscrivent lourdement dans les statistiques des décès par cancer, maladies cardiaques, AVC, diabète et maladie d’Alzheimer. Avec les années, notre tour de taille continue de grossir et les gans de perdre leur forme. Chaque année, nous voyons un système médical sollicité au-delà de la rupture, tentant d’endiguer une marée montante de maladies dégénératives apparemment sans fin. Chaque année, nous voyons des millions gaspillés par le même système médical essayant de traiter les symptômes plutôt que de cibles les causes. Chaque année qui passe, nous sommes témoins d’amis et d’êtres chers succombant à un cancer ou à un trouble cardiaque resté caché, mais frappant soudainement, silencieusement et froidement. Chaque année nous nous croisons les doigts et prions pour ne pas être le prochain.

Ce n’est pas une fatalité !

Source : Mac William, Nutrisearch, 2008

 

 

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