Des aliments de plus en plus carencés…

Non seulement nous ne mangeons pas assez d’aliments protecteurs (fruits, légumes, oléagineux, céréales complètes, légumineuses), mais les aliments que nous consommons sont malheureusement vidés de leurs nutriments vitaux et dangereusement concentrés en calories.

Rien ne peut remplacer une alimentation correctement équilibrée (et notamment dans la prévention des cancers, j’y reviendrai dans un prochain article). Malheureusement, dans notre monde hyper stressé, nous sommes de plus en plus confrontés au manque d’activité physique et à l’habitude de repas pris au coin de la table, aux fast foods et d’aliments transformés sans contenu nutritif (il suffit pour s’en convaincre d’observer les habitudes alimentaires des gens que l’on croise entre midi et deux dans les rues des grandes villes : sandwichs et viennoiseries en tous genres, terrasses des McDo et autres enseignes bien connues archi bondées…).

Aujourd’hui, c’est l’exception plutôt que la règle que des enfants ou adultes s’assoient devant des repas maison avec des fruits et légumes du jardin. La plupart des consommateurs doivent donc s’en remettre à l’agriculture commerciale pour satisfaire à leurs besoins nutritionnels. Or, depuis 70 ans, les fermes commerciales dépendent largement des engrais chimiques pour cultiver leurs produits. A la fin des années 40 aux USA, dans les années 50 en Europe, les producteurs découvrent que trois minéraux, l’azote N, le phosphore P et le potassium K des surplus de l’industrie militaire produisaient des récoltes abondantes et de belle apparence. Or, il fallait d’urgence nourrir une population d’après-guerre croissante. L’usage de ces nutriments remplaça rapidement les paillis et les fumiers traditionnels, et avec le temps, l’utilisation des engrais NPK a favorisé la diminution des micronutriments essentiels de nos sols. Le sol n’était plus vu comme un élément vivant de la chaine de la vie, mais comme un support inerte que l’on pouvait éventrer, retourner et arroser des quelques éléments qui fournissaient des feuilles bien vertes et parfois disproportionnées… Mais quid des autres éléments qui normalement constituaient en partie le sol ?

A long terme, la conséquence de ces choix a été l’érosion nutritionnelle constante de la santé dans nos pays et l’augmentation inexorable des maladies dégénératives.

Pour empirer la situation, la transformation industrielle des aliments carencés leur enlève encore plus leur valeur nutritive. Les processus industriels de stockage, séchage, cuisson, lyophilisation, extraction et hydrogénation causent des ravages dans un contenu déjà marginal. La transformation des céréales leur enlève 80% du magnésium. Jusqu’à 50% des folates (vitamine B9) des aliments sont perdus lors de leur préparation, transformation et stockage. La mouture industrielle des grains de céréale leur enlève 50 à 90% de leur vitamine B6. Conservez des asperges une semaine et 90% de leur vitamine C disparait…

Notre corps n’a pas besoin que d’azote, phosphore et potassium. Il a aussi besoin de fer, cuivre, sélénium, calcium, magnésium, iode, molybdène, zinc, cobalt, bore, vanadium et autres oligo-éléments. Même avec les meilleures intentions et la planification la plus soignée, la consommation quotidienne d’aliments cultivés sur des sols déficients en nutriments et transformés industriellement ne va pas nous apporter les nutriments requis pour vivre optimalement en santé (pour éviter les carences vraies type scorbut ou ostéomalacie, OK, mais de là à  optimiser notre santé…).

Si les nutriments ne sont pas dans les sols, ils ne seront pas dans nos assiettes, et s’ils ne sont pas dans nos assiettes, ils ne seront pas dans notre corps. La conséquence à long terme des carences minérales et vitaminiques sous-cliniques (qui ne déclenchent pas des symptômes cliniques visibles dans l’immédiat) est la spirale épidémique des maladies dégénératives chroniques (même si on est bien d’accord que leurs origines sont multifactorielles. N’empêche que !).

Les solutions ? Cultiver son jardin, privilégier largement les aliments non transformés issus de l’agriculture à minima biologique (même si les sols mettront de nombreuses années à retrouver une richesse naturelle, y compris dans ces modes de production), cuisiner sainement les produits frais, et de plus en plus se complémenter (mais là aussi, pas avec n’importe quoi ni n’importe comment !).

Je sais que nous avons grandi en croyant, et que l’on aime nous répéter, que si nous avons une alimentation raisonnable, elle va satisfaire à nos besoins nutritionnels. Mais de nombreuses études sérieuses montrent maintenant depuis longtemps que les niveaux vitaminiques, de minéraux… atteints par la simple alimentation ne permettent pas de prévenir correctement des maladies usuelles et quotidiennes comme des maladies cardiaques, des cancers, de l’ostéoporose…

Pour de plus en plus de personnes, la supplémentation (qui apporte correctement les mêmes vitamines, minéraux, antioxydants et nutriments importants de plantes qui devraient être fournis par nos aliments) est une police personnelle d’assurance santé qui n’est pas seulement là pour nous assister en cas de maladie, mais pour nous garder en santé.

A condition de l’associer à un mode de vie sain, actif et joyeux !

 

Sources : Nutrisearch – Lyle Mac William, 4ème édition, 2008.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *