Apprendre avec joie – Regards sur les pédagogies alternatives

L’enfant fait preuve de très fortes motivations naturelles pour apprendre. En observant son environnement, en imitant, en expérimentant, tout petit déjà le bambin reproduit, s’interroge, s’exerce tout en prenant les adultes qui l’entourent comme modèles.

L’enfant apprend donc sans cesse et naturellement selon ses besoins et aspirations du moment. Ce sont ses élans naturels que les pédagogies dites alternatives cherchent le plus souvent à conserver afin de garder intacte cette soif d’apprendre.

Le stress, l’ennemi de l’apprentissage

La science montre très bien que le stress empêche le véritable apprentissage. Il serait donc pertinent d’identifier les sources de stress qui s’abattent régulièrement sur nos enfants, dès leur entrée dans une salle de classe.

Outre des rythmes et des horaires inadaptés à leur physiologie, de trop fortes attentes, ainsi que les évaluations et les jugements, qu’ils soient positifs ou négatifs d’ailleurs, participent largement de ce stress. N’oublions pas que « la motivation de l’enfant, c’est de connaitre le monde, pas d’avoir de bons résultats », résultats qui relèvent davantage des très fortes attentes des adultes.

Les études montrent également que l’obligation d’apprendre à un moment que l’on n’a pas choisi (dans la journée mais aussi et surtout à un âge donné, comme si tous les enfants faisaient leurs dents, marchaient et parlaient exactement au même âge !) ne permet pas à l’intelligence de fonctionner et ne fait appel qu’à la mémoire.

La valorisation de l’erreur

Au contraire, créer un environnement propice à l’expérimentation, remettre l’erreur à sa juste place comme un processus normal et indispensable au véritable apprentissage, et valoriser le travail quels que soient les résultats obtenus, permettent la construction d’un véritable savoir et le développement d’une saine confiance en soi. La connaissance et le savoir se construisent dans un processus actif et non passif.

Les pédagogies alternatives

Si les écoles proposant des pédagogies alternatives à l’enseignement public classique se multiplient en France, ce n’est pas un hasard. Quasiment toutes ont pour principes le respect du rythme, des centres d’intérêt et des aptitudes propres à chaque enfant, l’entraide et la coopération – entre enfants mais aussi entre adultes et enfants – et ce, afin de préserver la curiosité naturelle et intrinsèque de chaque enfant. Ce sont les moyens mis en œuvre pour faire vivre ces principes qui diffèrent  selon les pédagogies.

L’approche montessorienne  cherche à développer l’amour du travail, l’autonomie, le respect de soi et des autres, les capacités sensorielles et l’autodiscipline. Pour cela, il s’agit d’abord de « laisser le contrôle à l’enfant », puisqu’il sait intuitivement comment mener son apprentissage. Il a simplement besoin d’un environnement qui favorise sa démarche, notamment au moyen de groupes multi-âge, d’outils pédagogiques riches et de matériel autocorrectif.

Si l’approche de Maria Montessori, 1ère femme médecin en Italie, est avant tout scientifique, la pédagogie Waldorf-Steiner veut éduquer l’enfant tout entier « tête, cœur et mains » pour « former des individus capables de donner un sens à leur vie, des individus libres ». Cette approche philosophique repose sur un équilibre entre les matières académiques, les enseignements artistiques et les activités pratiques. Un même enseignant –jardinier suit un groupe d’enfants tout au long de leur scolarité dans l’école Steiner.

La pédagogie Freinet, que l’on retrouve dans des classes de l’enseignement public, cherche à « faire émerger les questions et accompagner les élèves dans la recherche de réponses ». Le maître n’est plus l’enseignant, mais devient un accompagnateur. Dans cette approche, qui là aussi est d’abord centrée sur l’enfant et non sur les disciplines à enseigner, l’écrit est fondamental puisqu’il permet de communiquer. Tous les outils de recherche (livres, documents, enquêtes, ordinateur…), de production (journal, vidéo, enregistrement…)  servent de base aux apprentissages des enfants qui travaillent essentiellement sous forme de projets collectifs et individuels.

Bien d’autres approches existent (Summerhill, Ecoles Nouvelles…), mais toutes ont en commun le respect de l’enfant comme individu, et ce afin notamment de lui permettre d’apprendre avec joie.

Un commentaire


  1. Je suis entièrement d’accord, nous avons la chance d’avoir pu mettre nos deux enfants dans une école qui propose ces pédagogies, c’est un réel bonheur, et une chance !

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